"Je suis allongée sur le lit, lit d'hôpital je crois.
Je crois aussi qu'ils sont tous autour de moi. Parait que mon état n'est pas si critique, suffit que je me réveille quoi. Tous là : amis, famille, fiancé.
Dans cette vie là, ils sont tous autour de ce branquart mais je ne ressens pas leur présence, pour moi, je suis dans ma chambre, leurs voix paraissent lointaines. Chez moi, dans la pièce c'est la pénombre. Personne dans la maison, juste la musique qui défile. Allongée sur le dos, les jambes croisées. Je pense à lui, lui qui ne s'est pas raté.
J'ai fait tout pareil, à de ça que je me suis loupée. Je n'avais pas envie de mourir, je n'avais aucune raison particulière, si ce n'est lui. C'est con.
Je lutte, je sais que si je ferme les yeux c'est fini pour moi, et je n'ai pas tout envisagé pour partir comme ça. Il y a des détails dont on ne peut ne pas s'en préoccuper. A ce stade, si je m'endors, je le rejoins, et j'abandonne mes proches. Si tristes, inquiets de voir leur fille, leur amie, amour prête à partir.
Quelle égoïste.
Je me sens amorphe, paupières lourdes et j'ai mal au poignet. C'est bien fait pour ma gueule, et vous auriez raison de penser ainsi. Je me sens blasée à l'extrême comme si rien ne pouvait réellement m'atteindre ; les seize muscles du sourire, figés retranscrivent mon mutisme. Je ne sais pas pourquoi tu as fait ça, une fois, deux fois et puis s'en vont. C'était fini.
Je n'imaginais pas que c'était la dernière fois que je te voyais.
Nous avions beaucoup à partager, mais ce n'était peut être pas suffisant, je, nous ne t'étions pas suffisants.
Tu m'as zappé, t'as coupé ma corde d'alpiniste, et tu m'as laissé tombé. Tu m'as menti et je veux savoir pourquoi, t'harceler durant toute cette éternité qui nous attend. A cause de toi, je me suis à peu prêt foutu en l'air, moi qui en étais incapable. Ou presque apparemment.
De toute façon, tu t'en fiches maintenant, toi tu connaissais pratiquement tout de moi, tu me laisses orpheline. Tu devais toujours être présent, tu as violé nos principes, tu t'es fouttu de nos serments, tu t'es bousillé : tu n'en avais pas le droit.
Trahison flagrante, je m'en aperçois, mais j'ai fait ma connerie. Trop tard.
J'ai fermé les yeux et d'un coup sec, avec ce couteau à dents, d'un coup, chlaque. Ca a giclé, je crois.
En te fouttant en l'air, tu m'as fouttu en l'air, ou presque. Merci.
Comme quoi les grands doivent toujours montrer le bon exemple, ce n'était pas ton cas : merci pour moi.
Je t'en veux. Peine infinie qui se transforme en indifférence, en haine incontrôlée. Je crois que je vais me relever. Je crois que tu ne voudrais pas me voir là haut: tu m'as tourné le dos en bas. Oui je vais me lever, je vais ouvrir les yeux, ré actionner les muscles, sourire et croire en ceux qui m'environnent actuellement. Je n'ai pas le choix : tu ne voudras pas de moi là haut.
J'abandonne ton délire, ce n'est pas ma voix.
"Bonjour maman, papa. Chris, Jeanne, Alex. Stéphane.
- Nous ne pensions pas que tu te remettrais si vite!
- Je vous devais bien cela. »
"Sors d'ici, s'exclame Stéphane. Ma copine a côtoyé la mort pour lui. Dégage.
- Stéphane s'il te plait,-oh Marie; je suis en vie merde Stéphane. Et j't'aime.
Sourire complice.
- Il avait laissé ça pour toi.
- Je ne veux plus rien savoir.
- Il aurait aimé que tu saches.
- S'il aurait eut cette envie, il m'en aurait parlé.
- Tu n'étais pas là.
- Je t'interdis de dire ça. Je t'interdis de dire que je n'étais pas là.
- Tu l'aurais écouté, tu te serais plus attentionné à lui, il serait encore là.
La claque est partie.
- Je ne suis responsable de rien connasse.
- T'étais la seule à pouvoir l'en empêcher merde. T'étais sa meilleure amie, irremplaçable. Lu par ci, Lu par là.
- Ta gueule. Il est parti, je ne suis pas responsable.
- En partie.
- Dégage.
- Prends quand même la lettre.
- Dégage de chez moi. Remets plus jamais les pieds ici.
- Tu voudras récupérer quelques affaires ? »
Pour toute réponse, claquement de portes.
Lettre glissée sous la porte, voiture qui démarre.
« Hey, ma Lu.
Tu vas m'en vouloir plus que tu ne seras peinée, je vais faire une connerie. Ma connerie ma Lu, ne fais pas la même.
Je n'ai pas le droit, mais c'est là. C'est comme ça.
Tu sais très bien, enfin non tu ne sais pas tout.
Nous, nous sommes inséparable ma Lu, mais va falloir que tu sois forte, de toute, t'es la plus forte d'entre nous deux. Alors pas de bêtise okay ?
Même là haut, je vais veiller sur toi, comme toujours, rien ne changera.
J'aurais toujours un regard sur toi. Je t'aime ma Lu, tu le sais très bien.
Ca ne va pas très bien, en ce moment. L'esprit a ses raisons que la raison ignore.
Ne cherche pas, je t'embrasse fort. Tu vas me manquer. » (Fin)
Je crois aussi qu'ils sont tous autour de moi. Parait que mon état n'est pas si critique, suffit que je me réveille quoi. Tous là : amis, famille, fiancé.
Dans cette vie là, ils sont tous autour de ce branquart mais je ne ressens pas leur présence, pour moi, je suis dans ma chambre, leurs voix paraissent lointaines. Chez moi, dans la pièce c'est la pénombre. Personne dans la maison, juste la musique qui défile. Allongée sur le dos, les jambes croisées. Je pense à lui, lui qui ne s'est pas raté.
J'ai fait tout pareil, à de ça que je me suis loupée. Je n'avais pas envie de mourir, je n'avais aucune raison particulière, si ce n'est lui. C'est con.
Je lutte, je sais que si je ferme les yeux c'est fini pour moi, et je n'ai pas tout envisagé pour partir comme ça. Il y a des détails dont on ne peut ne pas s'en préoccuper. A ce stade, si je m'endors, je le rejoins, et j'abandonne mes proches. Si tristes, inquiets de voir leur fille, leur amie, amour prête à partir.
Quelle égoïste.
Je me sens amorphe, paupières lourdes et j'ai mal au poignet. C'est bien fait pour ma gueule, et vous auriez raison de penser ainsi. Je me sens blasée à l'extrême comme si rien ne pouvait réellement m'atteindre ; les seize muscles du sourire, figés retranscrivent mon mutisme. Je ne sais pas pourquoi tu as fait ça, une fois, deux fois et puis s'en vont. C'était fini.
Je n'imaginais pas que c'était la dernière fois que je te voyais.
Nous avions beaucoup à partager, mais ce n'était peut être pas suffisant, je, nous ne t'étions pas suffisants.
Tu m'as zappé, t'as coupé ma corde d'alpiniste, et tu m'as laissé tombé. Tu m'as menti et je veux savoir pourquoi, t'harceler durant toute cette éternité qui nous attend. A cause de toi, je me suis à peu prêt foutu en l'air, moi qui en étais incapable. Ou presque apparemment.
De toute façon, tu t'en fiches maintenant, toi tu connaissais pratiquement tout de moi, tu me laisses orpheline. Tu devais toujours être présent, tu as violé nos principes, tu t'es fouttu de nos serments, tu t'es bousillé : tu n'en avais pas le droit.
Trahison flagrante, je m'en aperçois, mais j'ai fait ma connerie. Trop tard.
J'ai fermé les yeux et d'un coup sec, avec ce couteau à dents, d'un coup, chlaque. Ca a giclé, je crois.
En te fouttant en l'air, tu m'as fouttu en l'air, ou presque. Merci.
Comme quoi les grands doivent toujours montrer le bon exemple, ce n'était pas ton cas : merci pour moi.
Je t'en veux. Peine infinie qui se transforme en indifférence, en haine incontrôlée. Je crois que je vais me relever. Je crois que tu ne voudrais pas me voir là haut: tu m'as tourné le dos en bas. Oui je vais me lever, je vais ouvrir les yeux, ré actionner les muscles, sourire et croire en ceux qui m'environnent actuellement. Je n'ai pas le choix : tu ne voudras pas de moi là haut.
J'abandonne ton délire, ce n'est pas ma voix.
"Bonjour maman, papa. Chris, Jeanne, Alex. Stéphane.
- Nous ne pensions pas que tu te remettrais si vite!
- Je vous devais bien cela. »
"Sors d'ici, s'exclame Stéphane. Ma copine a côtoyé la mort pour lui. Dégage.
- Stéphane s'il te plait,-oh Marie; je suis en vie merde Stéphane. Et j't'aime.
Sourire complice.
- Il avait laissé ça pour toi.
- Je ne veux plus rien savoir.
- Il aurait aimé que tu saches.
- S'il aurait eut cette envie, il m'en aurait parlé.
- Tu n'étais pas là.
- Je t'interdis de dire ça. Je t'interdis de dire que je n'étais pas là.
- Tu l'aurais écouté, tu te serais plus attentionné à lui, il serait encore là.
La claque est partie.
- Je ne suis responsable de rien connasse.
- T'étais la seule à pouvoir l'en empêcher merde. T'étais sa meilleure amie, irremplaçable. Lu par ci, Lu par là.
- Ta gueule. Il est parti, je ne suis pas responsable.
- En partie.
- Dégage.
- Prends quand même la lettre.
- Dégage de chez moi. Remets plus jamais les pieds ici.
- Tu voudras récupérer quelques affaires ? »
Pour toute réponse, claquement de portes.
Lettre glissée sous la porte, voiture qui démarre.
« Hey, ma Lu.
Tu vas m'en vouloir plus que tu ne seras peinée, je vais faire une connerie. Ma connerie ma Lu, ne fais pas la même.
Je n'ai pas le droit, mais c'est là. C'est comme ça.
Tu sais très bien, enfin non tu ne sais pas tout.
Nous, nous sommes inséparable ma Lu, mais va falloir que tu sois forte, de toute, t'es la plus forte d'entre nous deux. Alors pas de bêtise okay ?
Même là haut, je vais veiller sur toi, comme toujours, rien ne changera.
J'aurais toujours un regard sur toi. Je t'aime ma Lu, tu le sais très bien.
Ca ne va pas très bien, en ce moment. L'esprit a ses raisons que la raison ignore.
Ne cherche pas, je t'embrasse fort. Tu vas me manquer. » (Fin)